Une trentaine de militants des organisations de Vitry signataires de l'appel pour la gestion publique de l'eau étaient présents mardi soir dernier à la mairie pour assister au conseil municipal. Quelques semaines avant le vote du Sedif (Syndicat des eaux d'Ile-de-France) sur le choix du futur mode de gestion pour la distribution de l'eau dans la région, le maire et la municipalité avaient décidé de faire voter une délibération demandant le report du vote du Sedif, reprenant donc l'exigence de nombreux élus, associations et organisations.
Mais dès le début des débats, surprise. Si la délibération portait bien sur le report exigé du vote du Sedif prévu le 11 décembre, les attendus du texte accompagnant la délibération
se révélaient sujet à débat. Le texte soumis au vote des élus intégrait en effet la volonté d'un "meilleur contrôle des profits" des entreprises chargées de distribuer l'eau. Quelle
signification donner à cette notion ? Pourquoi demander le report d'un vote au Sedif et vouloir d'ores et déjà ancrer l'action du syndicat intercommunal dans une sorte de gestion contrôlée
totalement déconnectée des objectifs politiques mis en débat par de nombreux élus et associations de gauche depuis des mois ?
En tout état de cause, le "contrôle des profits" n'a pas recueilli un enthousiasme débordant chez les élus. De tous les côtés, on a d'abord fustigé la volonté de la droite de reconduire le contrat de la distribution de l'eau avec Véolia sans concertation. Mais sur la question du choix d'un mode de gestion pour le futur contrat à partir de 2011, l'unanimité a connu quelques fractures. Pour la quasi-totalité des élus et groupes politiques de gauche, il y avait lieu d'accompagner le vote de cette délibération sur le report du vote du Sedif d'une exigence politique forte allant dans le sens de la maîtrise et de la gestion publique de la distribution de l'eau. Pour le maire et le groupe PCF,il s'agissait seulement de "mieux contrôler les profits" des entreprises multinationales chargées de distribuer l'eau. En pleine crise financière mondiale, la position peut surprendre…
Sur le fond, le maire s'est déclaré hostile à l'idée d'une gestion publique de l'eau, préférant le concept d'un "pôle publique de l'eau". Effet sémantique ? Pas si sûr. Cette différence de point de vue est bien la ligne de débat à gauche à Vitry sur la question de l'eau : d'un côté la volonté exprimée au sein du Collectif d'une régie directe au sein du Sedif pour faire avancer localement le service public, de l'autre une volonté de renvoyer au changement de pouvoir politique la possibilité d'un changement en la matière pour tout le pays.
Après plus de deux heures de débat, le maire a dû finalement accepter une proposition de Sylvie Vassallo, conseillère municipale et déléguée au Sedif, de voter un texte différent de la délibération initiale. Et si l'unanimité a été prononcée, elle portait essentiellement sur la demande de report du vote du Sedif. Car sur le fond, c'est une autre histoire.
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